La
montagne, belle, insolite, mystérieuse, difficile, parfois dangereuse, nous
l’avons toujours abordée avec beaucoup d’humilité, et par-dessus tout, avec
l’envie du partage.
Partage
de la découverte des sites et villages traversés, partage des émotions vécues au
contact des habitants, partage des moments authentiques de grande complicité
avec nos amis sherpas, partage de l’exaltation des sommets, partage de la vie
tout simplement, telle qu’elle se vit dans ce coin isolé du monde.
Cette
rubrique à travers quelques commentaires descriptifs, quelques images prises sur
le vif est une invitation à vous faire découvrir ce que nous avons pu vivre dans
diverses circonstances, à travers trekkings et expéditions aux quatre coins de
l’Himalaya.
Puisse-t-elle vous donner l’envie d’y aller à votre tour, en toute humilité,
avec comme seule ambition d’ouvrir vos yeux comme on peut ouvrir son cœur. Nous
ne doutons pas un seul instant que vous reviendrez plus riches, et comme nous,
vous aurez surement l’envie de partager vos émotions et d’agir à votre niveau.
Le Makalu, qui signifie localement le
grand noir, cinquième sommet le plus haut de la planète, est situé sur la
frontière tibéto-népalaise, entre le Massif de l’Everest et celui du
Kangchenjunga. Il est connu pour sa beauté esthétique, de nature à rivaliser
avec celle du célèbre K2, et il est un des rares 8000 à présenter encore de
nombreuses voies à ouvrir, notamment du côté tibétain.
Le Makalu, que l’on voit de loin, notamment depuis Darjeeling en Inde, a
longtemps été considéré à tord avec le Kangchenjunga comme le sommet le plus
élevé de la planète.
Ce sont les Anglais qui procédèrent à sa
première exploration en 1921 lors de reconnaissances pour l’Everest, en
empruntant les vallées de Kama et Kharta. Une fois que l’on a franchi le Shipton
La à 4127 m d’altitude, on quitte définitivement la vallée de l’Arun et ses
villages accueillants pour emprunter la Barun Khola, haute vallée complètement
isolée, où l’on ne rencontre que quelques bergers accompagnant leurs troupeaux
dans les alpages.
Le site du Makalu représente un but de pèlerinage pour les moines et les ermites
tibétains, mais le paysage dans sont ensemble est vénéré.
La première ascension du Makalu a
finalement été réalisée le 15 mai 1955 par une expédition française menée par
Jean Franco, accompagné des alpinistes français parmi les plus talentueux de
l’époque, Jean Couzy, Lionel Terray, Guido Magnone et André Vialatte.
L’expédition dut son succès à une organisation millimétrée, à d’excellentes
conditions météo, et et une reconnaissance précieuse l’année précédente,
organisée par Lucien Devies et menée par Jean Franco.
La deuxième ascension du Makalu fut
l’œuvre d’une expédition japonaise le 23 mai 1970 par la crête sud-est conquise
par Yuichi Ozaki et hajime Tanaka.
Le célèbre éperon ouest fut gravi le 23
mai 1971 par les Français Bernard Mellet et Yannick Seigneur dans le cadre d’une
expédition menée par Robert Paragot, inscrivant l’une des plus belles pages de
l’himalayisme de cette époque.
Le 6 octobre 1975, les alpinistes
slovènes Stane Belak et Marjan Manfreda réussirent à escalader pour la première
fois les 3 kms de la paroi sud, l’une des plus belles, mais aussi parmi les plus
difficiles de l’Himalaya.
L’année suivante, le 24 mai 1976, le
slovaque Milan Krissak et le tchèque Karel Schubert vainquirent pour la première
fois le pilier sud, un exploit qui malheureusement fut marqué par la mort de
Schubert dans la descente.
A partir du début des années 80, le
Makalu fut l’objet de nombreuses premières, entre autres l’ascension de la face
ouest en 1977 par l’expédition russe de Sergei Efimov, l’ascension en solitaire
le 15 octobre 1981 du polonais Jerzy Kukuczka par l’éperon sud-ouest, une
première montée de la crête sud-est par une expédition coréenne, et une autre
ascension solitaire du polonais Andrzej Czok en octobre 1982.
En 2006, l’alpiniste français Chritophe
Lafaille perd la vie en voulant réaliser la première ascension hivernale en
solitaire du Makalu.
Plus proche de nous, le 9 février 2009,
l’italien Simone Moro et le kazakh Denis Urubko effectuèrent la première
ascension hivernale du Makalu, et cela sans oxygène.
Le Dhaulagiri, septième sommet de la planète, qui signifie
localement montagne blanche, se dresse sur le territoire népalais, a quelques 34
kms de l’Annapurna, situé juste en face, de l’autre côté de la rivière Kali
Kandaki. Il est considéré comme l’un des 8000 parmi les plus difficiles, avec
ses parois sud et ouest parmi les plus hautes du monde. Sa position géographique
entre les chaudes forêts tropicales népalaises au sud et les hauts plateaux
tibétains au nord, rend cette montagne imprévisible et avalancheuse avec des
conditions climatiques semblables à celles de l’Everest.
Les premières photos du Dhaulagiri proviennent du suisse Arnold
Heim qui effectua en 1949 une reconnaissance aérienne du Dhaulagiri et de
l’Annapurna. Mais c’est surtout l’année suivante, en 1950, que l’expédition
française de reconnaissance emmenée par Maurice Herzog déclara qu’aucun versant
n’était accessible avant de jeter son dévolu en 1953 sur l’Annapurna.
Entre 1953 et 1960, six expéditions tentèrent en vain d’escalader
le Dhaulagiri par sa face nord. Une expédition argentine de 1954 alla même
jusqu’à faire exploser des charges de dynamite pour creuser dans la roche des
emplacements pour les tentes au camp VI. Sans succès pour le sommet qui ne fut
pas atteint.
Le Dhaulagiri fut finalement gravi pour la première fois le 13
mai 1960 par une expédition austro suisse, composée au sommet de Kurt Diemberger,
Peter Diener, Ernst Forrer, Albin Schelbert accompagnés par les Sherpas Nima
Dorje et Nawang Dorje.
Le 10 mai 1978, une expédition japonaise escalada la crête
sud-ouest et, à l’automne suivant, le 19 octobre 1978, une autre expédition
nippone parvint à gravir la crête sud-est, appelée la « voie des suicides », en
raison de la mort dans cette face de sept alpinistes en 1969.
La paroi ouest fut gravie le 23 octobre 1984 par une expédition
japonaise qui termina l’escalade par la crête nord-ouest. Cette mythique paroi
ouest fut escaladée dans son intégralité le 10 mai 1991 par une expédition
kazakh.
La première ascension hivernale fut l’œuvre d’une expédition
polonaise qui emmena au sommet, le long de la crête nord-est, Jerzy Kukuczka et
Andrzej Czok.
Le 13 mai 1998, l’alpiniste française Chantal Mauduit fut
emportée par une avalanche sur les pentes du Dhaulagiri.
Le Manaslu, dont le nom népalais signifie sommet de l’esprit,
refuge de l’âme, est le 8ème sommet de la planète. En tibétain, le
sommet est appelé Kutang, Tang désignant un endroit plat…Les avalanches
fréquentes de son versant nord-est avaient déjà causé de nombreuses victimes,
quant en 1972, une immense coulée de neige tua sur le coup 15 grimpeurs (4
coréens, 1 japonais et 10 sherpas), scellant définitivement la réputation
dangereuse de cette montagne. Situé entièrement au Népal, le Manaslu constitue
le plus haut sommet du Gurkha Himal, dont font aussi partie le Himalchuli et la
Cime, reliée au Manaslu par la crête sud et le col Pungen.
On dit du Manaslu qu’il est la montagne des japonais du fait que
quatre expéditions japonaises s’attaquèrent à son sommet entre 1950 et 1955,
avant qu’une autre expédition nippone n’atteigne le sommet le 9 mai 1956, en la
personne de Toshio Imanishi, accompagné du sherpa Gyaltsen Norbu.
Le 17 mai 1971, une autre expédition japonaise effectua la
première ascension de la paroi nord-ouest par la crête ouest avec Kazuharu
Kohara et Motoyoshi Tanaka.
En 1972, l’expédition autrichienne conduite par Wolfgang Nairz
réalisa la première ascension de la face sud grâce à Reinhold Messner, qui
atteignit le sommet tout seul le 25 avril 1972. Ce succès déclencha une vive
polémique car deux membres de l’expédition périrent dans une tempête, et Messner
se vit reproché d’avoir abandonné ses compagnons.
En 1974, une autre expédition japonaise réalisa une première
complètement inédite, sous forme d’une expédition victorieuse composée
uniquement de femmes. L’une d’elles, Teiko Suzuki mourut d’ailleurs au cours de
la descente entre les camps 5 et 4.
Durant l’hiver 1983-1984, une expédition polonaise effectua la
première ascension hivernale par le chemin des Tyroliens, et le 20 octobre 1984,
les polonais Aleksander Lwow et Krrzysztof Wielichi réussirent la première
ascension de la crête sud par la paroi sud-est. Le 10 novembre1986, deux autres
polonais, Jerzy Kukuczka et Artur Hajzer, escaladèrent la partie gauche de la
paroi nord-est et le dernier morceau de la crête est.
En 2000, Christophe Lafaille effectue la première ascension en
solitaire et sans oxygène de la face nord.
Aujourd’hui, le Manaslu présente de nombreuses variantes
d’ascension, mais les risques importants d’avalanche et de tempêtes subites en
font une montagne imprévisible et dangereuse.
La plus haute montagne de la planète, le rêve de tout alpiniste,
a longtemps représenté l’une des limites du monde connu. Bien qu’aujourd’hui la
plupart des voies aient été ouvertes, l’Everest conserve un côté magique
inaltérable, qui excite la curiosité du plus grand nombre.
L’Everest naquit officiellement en 1852 lorsque l’Office trigonométrique et
géodésique de l’Inde révéla que le « Pic B », ou « Pic XV », situé au cœur de
l’Himalaya, était le plus haut sommet du monde avec ses 8848 mètres, à cheval
sur la frontière tibéto-népalaise..
Georges Everest, fondateur et surintendant de l’Office trigonométrique et
géodésique de l’Inde, alors sous contrôle des Anglais eu l’honneur, en signe de
reconnaissance de ses importants travaux cartographiques, de donner son nom à la
montagne, que les tibétains appellent Chomolungma, la déesse-mère de la terre,
et les népalais Sagarmatha.
Durant de nombreuses années, l’Everest ne resta qu’un nom sur les cartes pour la
simple bonne raison que les autorités à la fois du Tibet et du Népal en
interdisaient l’accès.
En 1903, au cours d’une opération militaire au Tibet, le Colonel britannique
Younghusband s’approcha de l’Everest jusqu’à apercevoir son versant nord, dont
il ramena quelques photographies.
Mais ce n’est qu’après la seconde guerre mondial, en 1921 qu’une véritable
expédition d’alpinistes britanniques dirigée par Charles Howard-Bury s’essaya
sans succès à gravir la montagne. Figurait déjà dans cette expédition Georges
Mallory, l’alpiniste dont le nom reste le plus intimement associé à la tentative
de conquête de l’Everest, où il trouva d’ailleurs la mort en 1924 à quelques
encablures du sommet. Mallory, accompagné d’Irvine a-t-il atteint le sommet ce 8
juin 1924 ? Certains ont envisagé cette hypothèse, qui désormais n’est plus
retenue, un piolet, certainement celui d’Irvine ayant été retrouvé au pied du
premier ressaut, accréditant la thèse la plus plausible de non-succès sur le
sommet ce jour-là.
Aucune des autres expéditions anglaises dans les années 30 ne dépassa la cote
atteinte en 1924.
Après la seconde guerre mondiale, les portes du Tibet se ferment, alors que
celles du Népal, par un heureux hasard, s’ouvrent.
Après une tentative suisse en 1952 qui a flirté avec le sommet,
c’est finalement le 29 mai 1953 que deux hommes, le néo-zélandais Edmund Hillary
accompagné du Sherpa Tenzing Norgay gagnent enfin le toit du monde par la voie
népalaise de la combe ouest, et du col sud, entrant définitivement dans la
légende mondiale de l’alpinisme. La nouvelle du succès de l’expédition anglaise
dirigée par John Hunt parvient à Londres le 2 juin 1953, le jour même du
couronnement de la Reine Elisabeth II.
Dès lors, les exploits en tout genre se succèdent sur le toit du
monde, relayés par une couverture médiatique de plus en plus importante. En
1996, une série d’accidents mortels vient rappeler les dangers de la montagne
portant de nos jours le bilan à près de 200 victimes. A ce jour, plus de 14 000
alpinistes ont tenté l’ascension de l’Everest avec près de 4000 ascensions
victorieuses, dont le succès pour une grande part doit être attribué aux
sherpas, dont le rôle reste irremplaçable en haute altitude.
On doit l’une des plus belles citations sur l’Everest à
l’alpiniste autrichien Kurt Diemberger, qui s’exprime ainsi : « Il ne faudrait
jamais se rendre sur l’Everest sans avoir réfléchi, sans avoir essayé de le
connaître, de lui parler en silence en se tenant face à lui. Parce que ce n’est
pas seulement la plus haute montagne de la Terre… »
Le Cho Oyu, dont l’appellation locale signifie déesse des
turquoises, est situé sur la frontière entre le Tibet et le Népal, à environ 25
kms au nord-ouest de l’Everest. Il est le 6ème sommet le plus haut de
la planète. Son exploration par les Occidentaux débuta en 1921, en même temps
que la première expédition anglaise de l’Everest.
Pourtant le Cho Oyu était connu depuis longtemps des populations locales, qui
empruntaient le Nangpa-La, un col situé à 5500m à l’ouest de la montagne, pour
se rendre du Népal au Tibet. Le peuple sherpa, lors de sa migration du Tibet au
Népal à la recherche de terres plus hospitalières, prit le Cho Oyu comme point
de repère durant sa marche vers le sud.
A l’automne 1951, l’expédition de reconnaissance à l’Everest
menée par Eric Shipton entra brièvement dans la vallée du glacier Ngojomba sur
le versant sud-est du Cho Oyu. L’année suivante, Shipton retourna au Cho Oyu
accompagné des meilleurs alpinistes anglais et néo-zélandais de l’époque,
poussant jusqu’à Bhote Kosi, au pied de la paroi sud du Cho Oyu. Hillary et
Lowe, qui faisaient partie de l’expédition, franchirent le Nanga-La et
réussirent à établir deux camps d’altitude, atteignant 6850 m avant de renoncer.
Le Cho Oyu fut finalement gravi pour la première fois le 19
octobre 1954 par une expédition autrichienne emmenant au sommet par le versant
ouest, Herbert Tichy, Sepp Jöchler accompagné de Pasang Dawa Lama.
Le 27 octobre 1978, deux alpinistes autrichiens non autorisés à
escalader la montagne, Alois Furtner et Eduard Koblmüller, s’approchant de la
montagne lors d’un trekking, parvinrent à gravir pour la première fois la
délicate paroi sud-est. Aussi remarquable fut-il, cet exploit froissa les
autorités locales qui n’avaient pas délivré de permis d’ascension, et cela eut
pour effet de fermer l’accès au Cho Oyu pour plusieurs années.
Le 12 février 1985, les polonais Macief Berbeka et Maciej
Pawlikowski réalisèrent la première ascension hivernale de la montagne en
empruntant une nouvelle voie le long du pilier sud.
Sur le Cho Oyu eurent également lieu en 1985 la première
ascension hivernale en style alpin par les tchécoslovaques Jaromir Stejskal et
Dusan Beck, ainsi que la première hivernale en solitaire par l’espagnol Fernando
Garrido le 6 février 1988.
Au fil des années, de nombreuses voies furent ouvertes, et à ce
jour, le Cho Oyu compte parmi les 8000 les plus gravis de l’Himalaya. Il est
généralement considéré comme le plus abordable ou le moins difficile des 8000.
Le Shishapangma ou Goisainthan en tibétain signifie crête sur les
pâturages, lieu des saints. Il est le seul 8000 entièrement situé en territoire
tibétain, dont il domine tout le haut plateau, en étant fortement exposé aux
brusques dépressions venant du nord.
Le Shishapangma a été longtemps inaccessible aux alpinistes
occidentaux car les Chinois en interdisaient l’accès aux étrangers. C’est
pourquoi la première ascension n’eut lieu que le 2 mai 1964 par une expédition
chinoise dirigée par Hsu Ching, qui mena au sommet dix alpinistes, qui avaient
pris le soin d’emmener avec eux un buste de Mao Zedong…Le dernier des 8000
venait d’être conquis.
La montagne ne devint accessible aux étrangers qu’à partir de
1980. Dès lors, une expédition allemande dirigée par Manfred Abelein réédita la
voie des Chinois. Mais la plus belle ascension du Shishapangma est à mettre au
crédit d’une expédition anglaise composée de Doug Scott, Roger Baxter-Jones et
Alex Macintyre, qui le 28 mai 1982, escaladèrent pour la première fois la
redoutable paroi sud-ouest, en style alpin, utilisant le vaste couloir glacé qui
descend du sommet.
Aujourd’hui, de très nombreuses voies ont été ouvertes sur ce
géant de glace, qui offre l’opportunité lors de son approche, de découvrir
toute l’immensité du plateau tibétain et ses traditions bouddhistes séculaires.
En 2004, Jean Christophe Lafaille réussit en solitaire le 11
décembre, la première ascension hivernale du sommet par une nouvelle voie dans
la face sud.
Septembre 2005 : après trois
années de météo capricieuse en Himalaya, nous renouons avec le grand beau temps
en altitude sur une montagne fabuleuse. Du haut de ses 7756 mètres, le Kamet est
la troisième plus haute cime d'Inde derrière le Kangchenjunga et la Nanda Devi.
Un cheminement varié et technique, un finish exceptionnel entre chaîne
himalayenne d'un côté et hauts plateaux tibétains de l'autre...
Le Kun (7085m) et son jumeau le
Nun, constituent l’unique massif atteignant 7000m entre le Nanga Parbat et le
Garhwal. A la frontière entre le Cachemire et le Zanskar ce sommet est entouré
de beaux satellites dont le Barmal, le White Needle et le Pinnacle Peak (6962m).
La première ascension du Kun en 1913 revient à un Italien, le Comte Piacenza.
Du haut de ce 7000 « abordable » on peut voir toute la chaîne du Zanskar, les
sommets de Kishtwar et la pyramide du K2 dans le très proche Pakistan.
C'est un voyage dont on ne
ressort jamais le même! Pour les amoureux des "Aventures Tibétaines", c'est un
trek unique en son genre dans l'Himalaya Indien du Ladakh.
Rencontre avec les Zanskarpas, fascinants personnages qui viennent d'un monde si
lointain, expérience d'une force et d'une beauté bouleversantes.
Bien plus que la rivière, c'est
le temps qu'on remonte. Retour à un Zanskar originel, autarcique et privé de
contacts pendant huit mois d'hiver. On ne peut jamais prévoir si le "Chadar"
(nom du fleuve en hiver) sera assez solide pour notre progression: il change
constamment. Il faut être toujours attentif à cette marche "glissée", il faut
sonder et écouter le bâton sur la glace et parfois grimper pour éviter les
berges impraticables. Long de 150 km, le Chadar se fraie un chemin tortueux dans
un dédale de montagnes pour rejoindre l'Hindus. Pour les Zanskarpas c'est
l'astrologue qui détermine la date la plus propice pour s'engager dans les
gorges et réaliser ce voyage initiatique.
Le Gasherbrum II, qui signifie en appellation locale muraille
scintillante, est considéré comme le 8000 le plus facile avec le Shishapangma.
Aussi appelé K4, il est attentivement observé en 1909 durant l’expédition du Duc
des Abruzzes sur le K2, et photographié par Vittorio Sella. Le Gasherbrum II fut
soigneusement étudié en 1934 par Dyhrenfurth à l’occasion de son expédition sur
le Gasherbrum I. En se référant aux commentaires de ce dernier, une expédition
autrichienne de 1956, conduite par Fritz Moravec, rejoignit la base de la
montagne après avoir remonté l’immense glacier Baltoro dans le Karakoram
pakistanais. Une grande avalanche recouvrit la plupart des tentes et du
matériel, ce qui obligea les alpinistes à se déplacer sur le versant sud-ouest,
qui ouvrit la voie du sommet à Fritz Moravec, Sepp Larch et Hans Willenpart le 7
juillet 1956.
La deuxième ascension du Gasherbrum II fut réalisée le 18 juin
1975 par deux alpinistes français devenus célèbres, Marc Batard et Yannick
Seigneur, qui parvinrent au sommet en ouvrant une nouvelle voie sur la crête
sud.
Le 1er août de la même année, les polonais Leszek
Cichy, Janusz Onyszkiecki et Krzysztof Zditowiecki rejoignirent le sommet par
une nouvelle voie par la paroi nord-ouest et la crête sud-ouest après avoir
traversé le col séparant le Gasherbrum III du Gasherbrum II.
En 1984, l’histoire du Gasherbrum II se mélange à celle de son
voisin le Gasherbrum I, auquel il est relié par le Gasherbrum-La, lorsque
Reinhold Messner et son compagnon de cordée Hans Kammerlander effectuèrent la
première traversée de deux 8000 sans retourner au camp de base entre les deux.
Plus proche de nous, il faut aussi se remémorer le remarquable
exploit établi par deux alpinistes italiens Daniele Bernasconi et Karl
Unterkircher le 20 juillet 2007, qui réussirent à escalader la redoutable face
nord-est et la crête nord, côté chinois. Non sans oublier la Française Elisabeth
Revol qui en 2008 réalise le triplé antécime du Broad Peak, Gasherbrum II et
Gasherbrum I en solitaire sans oxygène en 16 jours.
Le Hidden Peak, aussi appelé Gasherbrum I, voire K5, situé entre
le Pakistan et la Chine, est le sommet le plus élevé d’un ensemble de 6
montagnes s’élevant au sud-est du K2. En 1892, William Martin Conway le baptisa
Hidden Peak (Cime cachée), à la fois parce que c’est le dernier sommet qu’il
aperçut, à cheval sur les glaciers Siachen et Baltoro, et aussi pour le
distinguer du Gasherbrum II.
Après une première reconnaissance photographique effectuée par le
Duc des Abruzzes lors de son expédition vers le K2 dès 1909, il fut étudié plus
en détails par Ardito Desio au cours d’une autre expédition italienne toujours
sur le K2 en 1929.
En 1934, une expédition internationale dirigée par Gunther Oskar
Dyhrenfurth entreprit la première tentative d’ascension par l’éperon sud-ouest,
atteignant 6300 mètres d’altitude.
Après une autre tentative infructueuse d’une expédition française
en 1936 qui atteignit 7000 mètres sur la crête sud, une expédition américaine
dirigée par Nicolas Clinch parvint au sommet le 4 juillet 1958, en la personne
de Andy Kauffman et Peter Schoening.
En 1975 fut organisée sur le Hidden Peak une expédition qui
allait révolutionner le monde de l’escalade himalayenne. Reinhold Messner et
Peter Habeler effectuèrent la première ascension de la paroi nord-ouest
entièrement en style alpin et sans oxygène.
A partir de cette date, de nombreuses autres voies furent
ouvertes, avec une mention particulière aux suisses Erhard Loretan et Marcel
Ruedi qui en 1983 escaladèrent en 15 jours en style alpin, non seulement le
Hidden Peak, mais également le Gasherbrum II et le Broad Peak. Ce triple exploit
allait être réitéré par la Française Elisabeth Revol en 2008, en solitaire et
sans oxygène.
Le versant pakistanais offre encore de nombreuses possibilités
d’ascension, toute comme la redoutable face nord, côté chinois, réputée pour
être l’une des plus difficiles au monde avec celle du K2.
Montagne et Partage - Association humanitaire à
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